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Publié par Michel PIQUET

Bataille de Verdun - 100 ans - "Foutue Guerre"
Bataille de Verdun - 100 ans - "Foutue Guerre"
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Bataille de Verdun - 100 ans - "Foutue Guerre"
Bataille de Verdun - 100 ans - "Foutue Guerre"
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Bataille de Verdun - 100 ans - "Foutue Guerre"
Bataille de Verdun - 100 ans - "Foutue Guerre"
Bataille de Verdun - 100 ans - "Foutue Guerre"

" Foutue Guerre " mise en scène de Chloé FROGET, petite fille du soldat Pierre FROGET engagé volontaire à 17 ans pour combattre aux côtés du Commandant RAYNAL et ralentir l'avancée des ennemis sur le front de VERDUN lors du mois de juin 1916 en tenant le plus longtemps possible le Fort de VAUX. Magnifique et émouvante interprétation des 3 comédiens (Christophe Charrier, Xavier Girard, Aurélie Noblesse) Samedi 28 mai à 20 h au Théâtre de Fontblanche.

Le Président de la République a fixé au 29 mai, la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun et a demandé à toutes les communes de France de s’y associer en organisant une manifestation qui mette en valeur cette bataille. A Vitrolles, la municipalité a choisi d’illustrer Verdun avec le spectacle qui vous sera proposé dans quelques minutes sur le fort de Vaux. Soirée de théâtre certes, mais avant tout une célébration de ce centenaire et mes propos vont vous rappeler ce que fut l’enfer de Verdun avec des extraits du discours, extrêmement poignant, prononcé à Verdun par le Président Chirac lors du 90ème anniversaire de la bataille. Je me suis permis de remplacer uniquement les mots « 90 ans » par « 100 ans ». …

C'était il y a 100 ans. Le 21 février 1916, au matin, un orage de feu éclate sur les divisions françaises massées autour de Verdun. Un million d'obus pilonnent la zone. En quelques heures, tout un paysage déchiqueté, devient un effroyable chaos : la fameuse "cote 304" aura perdu 7 m de hauteur. Très vite, le commandement prend deux décisions essentielles. La rotation des unités d'abord, qui soulagera l'effort des combattants. Voilà pourquoi près des deux tiers des "Poilus" de 1916 sont passés à Verdun. Et puis une noria de camions, pour ravitailler les lignes jour et nuit, le long de la départementale reliant Bar-le-Duc à Verdun. Ce sera la légendaire "Voie sacrée". Début juin 1916, alors que depuis quatre mois la région tout entière s'est transformée en un haut fourneau infernal où les hommes se sacrifient par milliers, les Allemands lancent leurs troupes à l'assaut du fort de Vaux. Quelques centaines d'hommes, sous les ordres du commandant Raynal, résistent avec un courage surhumain. La capitulation est inévitable. Mais les soldats allemands rendront hommage aux héros français. A la fin de juin, l'offensive allemande atteint sa ligne la plus avancée. 70.000 Allemands s'élancent devant Verdun. Mais leur assaut se brise sur l'ouvrage de Froide terre. L'initiative change de camp. Douaumont est repris le 24 octobre. En décembre 1916, l'essentiel du terrain aura été reconquis. Mesdames et Messieurs, Il y a la bataille. Et puis il y a les hommes. Nos soldats morts à Verdun sont morts pour la France. Ces grands Français ont fait leur devoir. 300 jours et 300 nuits, ils ont tenu : 160.000 y ont laissé la vie. 220.000 en sont revenus la "gueule cassée", les membres brisés, les poumons brûlés par les gaz. La ligne de feu, c'est un désert brûlant où seule la mort habite. Cet indescriptible enfer va constituer le quotidien de ces hommes durant dix longs mois. Ils vont vivre, se battre, mourir, épuisés par le froid, puis sous un soleil de plomb, entourés d'une boue liquide mais torturés par la soif, rongés par la vermine, dans la puanteur. Les bombardements ne cèdent la place qu'à des combats acharnés, au corps à corps. C'étaient les tranchées. C'était Verdun. Ceux qui montaient en première ligne n'avaient que peu de chance de survivre. Ils ne voyaient pas d'où venait la mort : elle était partout. Une mort industrielle, un maelström de feu et d'acier. Pourtant, par un effort sublime de volonté et d'abnégation, nos troupes tiennent, … ils tiennent ! Les soldats ne se font aucune illusion. Une angoisse infinie les étreint. Mais ils savent que, de la défense de ces quelques mètres carrés de boue et de fer, dépend la victoire ou la défaite. À ce moment de son histoire, à Verdun et pour Verdun, la nation française a su se rassembler, faire face, tenir jusqu'au bout. Le citadin et le paysan. L'aristocrate et l'ouvrier. L'instituteur et le curé. Le républicain et le monarchiste. Celui qui croit au Ciel et celui qui n'y croit pas. Toutes les conditions, toutes les opinions, toutes les religions sont à Verdun. Toutes les provinces de France sont à Verdun. Toutes les origines, aussi. 70.000 combattants de l'ex-Empire français sont morts pour la France entre 1914 et 1918. C'était il y a 100 ans. C'était hier. Durant cette interminable année 1916, toute la France était à Verdun, et Verdun était devenu toute la France. Ces hommes se battaient pour leur terre, ils se battaient aussi pour leurs valeurs. L'armée de Verdun, c'était l'armée du peuple, et tout le peuple y prenait sa part. C'était la France, dans sa diversité. Et n'oublions pas les sacrifices de celles et de ceux de l'arrière, et d'abord le rôle des femmes de la Grande Guerre. Les femmes d'agriculteurs, qui assument les durs travaux des champs. Les infirmières, qui soignent les blessés au péril de leur vie. Les marraines de guerre, qui apportent du réconfort aux soldats. Les femmes des villes, qui conduisent les tramways, travaillent dans les usines d'armement. Et toutes les filles, les sœurs, les mères, les épouses qui reçurent la lettre fatale leur annonçant la perte d'un être cher. C'était il y a 100 ans. C'était hier. Enfants de France tombés à Verdun, hommes de toutes conditions et de toutes convictions, mais Français d'abord dans l'épreuve. Vos noms, sur les monuments aux morts de nos villes et de nos villages, témoignent de votre gloire et du deuil qui n'a épargné presque aucune famille de notre pays. Nos grands-parents, nos arrière-grands-parents ont consenti, à Verdun, le sacrifice ultime. Aujourd'hui encore, ce sacrifice nous engage toutes et tous.

C'était il y a 100 ans. C'était hier.

Michel PIQUET

Conseiller Municipal Délégué au Patrimoine, au Tourisme, à la Mémoire et aux Anciens Combattants, Correspondant Défense.

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